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JeanMichel

Entre passé et futur

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(bon je RP pas forcément pour les mêmes raisons que les derniers en date, mais vous m'avez donné envie de renouer un peu avec mes premiers amours ;) )

Un râle fétide brisa le silence qui pesait dans la pénombre, tandis qu’une odeur nauséabonde se répandit dans l’air et le volume très étroit de la « pièce ». On aurait cru entendre une première inspiration, celle d’un nouveau-né, happant en elle tout l’oxygène à sa portée avant de l’exhaler avec une lenteur infinie. Sauf qu’à l’entendre, cela ressemblait à tout sauf à la respiration d’un nouveau-né, c’était quelque chose de beaucoup moins mignon, comme si quelqu’un n’avait pas respiré depuis longtemps, depuis très longtemps.

L’obscurité était toujours totale, la créature semblait s’agiter dans quelque chose qui l’étouffait, très vite, elle se rendit compte qu’elle était à l’étroit. Un mur semblait se dresser face à elle t sans aucun repère visuel, elle n’aurait su dire si elle était debout, couchée, sur le côté ou voire même la tête en bas. Elle se mit à passer ses doigts sur cette surface qui la retenait avant de sentir cette dernière friable sous ses doigts. Elle se mit à gratter et voyant avec quelle facilité elle parvenait à attaquer le matériau, ses gestes se firent plus frénétiques avant qu’elle se mette à marteler de ses poings. Un craquement se fit entendre tandis que quelque chose s’écroula sur elle. La créature reconnut très vite le goût : de … la terre ? L’avait t-on enterrée vivante ? Animée d’une force surnaturelle à laquelle elle n’avait pas prêté attention outre mesure, elle se mit à creuser frénétiquement avant de sentir l’air frais sur sa main droite. Elle s’extirpa hors du sol en quelques secondes.

L’air frais lui brûla les poumons alors qu’elle respirait à l’air libre. Mais, elle sentait étonnamment la fraicheur, baissant les yeux, elle vit avec effroi ses poumons se gonfler et se dégonfler à travers ses côtes, nues. Elle passa sa main devant son regard pour contempler la chair putréfiée qui était la sienne, ses ongles qui avaient poussé outre mesure, les os apparents de ses épaules, genoux et coudes. Elle tenta de se tâter le visage, elle n’avait plus de machoire inférieure. Sa langue pendait comme un vulgaire morceau de viande avariée, ce qui expliquait pourquoi elle avait reconnu si vite la terre qui s’était écroulé sur elle quelques instants plus tôt.

La chose comprenait parfaitement la situation qui était la sienne, ce qu’il se passait. Elle se dégoutait, elle s’abhorrait, elle était … morte. Et vivante. Les deux à la fois, elle était devenu une abominatione. En faisant volte-face, elle ne fut pas surprise de voir une pierre tombale lui faire face, avec inscrit dessus un nom : « Jean-Michel ». Etait ce une blague de mauvais goût ? Avait-on saccagé sa sépulture en son absence ? "Il" avait beau ne pas pouvoir atteindre sa mémoire, il était improbable que cela soit son vrai nom … Mais à défaut d’autre chose, il fallait faire avec …

Sans crier gare, de violentes visions frappèrent son esprit, le forçant à poser un genou à terre. Des bribes se rappelaient à lui : sous formes de flashs, il se mit à voir certaines choses, si familières qu’elles ne pouvaient être que des souvenirs, mais si différentes les unes des autres et par rapport au présent, que cela semblait tout aussi irréel. Des vies précédentes, voila à quoi cela ressemblait, aussi farfelu que cela pouvait paraitre.

Il se vit, vêtu d’une lourde armure en train d’affronter de sombres créatures dans des cavernes emplies de lave, des hommes-lézards, des chiens dont la gueule débordait de magma, des géants si grands qu’ils pouvaient obscurcir le ciel, des entités dont la seule vue vous donnait envie d’abandonner tout espoir.

Il se vit, montant en l’assaut d’une forteresse niché au sommet de la plus sombre des montagnes et emplie de dragons noirs capables de milles et un maléfices. Il se vit, dans des temples oubliés et nichés dans une jungle envahissante. Il se vit dans un désert froid et lointain contempler d’immenses portes en pierres massives s’ouvrir pour dévoiler des mystéres vieux de plus millénaires. Ce qui le frappait dans toutes ces visions, c’est qu’il n’était jamais seul, il était toujours entouré par une myriade de compagnons, si nombreux au final c’était pas un groupe d’aventuriers qui relevaient des défis impossibles, mais bel et bien une petite armée de héros.

Le décor changea et il se vit de nouveau, partir à la conquête d’un monde par dela les étoiles pour finalement se retrouver sur le front, sur les champs de batailles en train de se battre à l’arrachée contre des adversaires absolument redoutables. Il se vit en train de sombrer dans les arcanes corrompues, lançant maléfices sur maléfices et invoquant des pouvoirs ainsi que des créatures obscures venues tout droit d’autres dimensions. Enfin, il se vit, enfermé dans des arènes sanglantes n’ayant que pour seul but d’amuser une plèbe toujours plus friande de violence.

Il avait l’impression d’avoir parcouru toutes les terres que composaient ce monde si bien que le décor qui l’entourait lui sembla très rapidement familier. Un nouveau râle brisa le silence de l’atmosphère ambiante, mais celui-ci était en réalité une longue expiration, celle du soulagement. Il s’apprêtait à …

Il se raidit. Immobilisé. La voix parlait dans sa tête et il n’avait d’autre choix que de l’écouter. Celui qui se prétendait comme son Maître le rappelait à lui. L’Appel.

[à poursuivre]

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