Kahman

République Terrane - Les Chroniques d'un Pilote

8 posts in this topic

Indar, continent désertique. Le vent souffle sur les plaines du Nord de ce continent merdique. C'est comme si un môme jetait des seaux entiers de sable dans les turbines au repos de mon chasseur.

 

J'regarde vers le complexe central de la Warpgate. J'vois l'capitaine qui parle avec le commandant de l'opération. J'regarde à droite à gauche, j'vois mes ailiers qui font comme moi, c'est à dire : rien foutre.

Mon moniteur m'indique qu'une place-forte au Sud se fait violemment attaquée. Il s'agit d'une base construite dans un impact du météore nommé J908. Je fais afficher une carte holographique de mon terminal de poignet, l'attaque est menée par ces salopards de rebelles.. Un ramassis de mercenaires et de criminels..

J'me demande comment les commissaires aux affaires internes ont pu laisser des enflures pareilles se faire engager comme milice privée par les conglomérats industriels. Un groupement de capitalistes sans foi ni loi qui se sont ensuite rebellés contre l'Ordre et la Sécurité.

Mon terminal de poignet émet un bip sonore et un clignotement lumineux vert. C'est l'capitaine.

"Feu vert pour la mission. Les troupes seront paradroppées sur le front Est. Vous passez par J908 pour nettoyer le ciel et soutenir les forces alliées là-bas. Ensuite, vous vous ramenez et vous nous couvrez.

- Compris Capitaine."

Je coupe la communication avec le capitaine, j'ouvre le canal comms sécurisé avec les membres de l'escadrille :

"Faites chauffer les turbines, on décolle groupés dans 5 secondes. Direction Sud. Haute-Altitude. Mission AA pour commencer."

Certains de mes pilotes répondent par l'affirmative et décollent, certains ne répondent pas, mais décollent pour me montrer qu'ils ont compris.

Ce continent est beau, une fois qu'on surplombe les rafales de vent chargées de sables et la chaleur étouffante du désert nordique. Je me surprends à faire une vrille accompagnée d'un looping pour le plaisir, mes pilotes ne me suivent pas dans mon délire. Boah, de toute façon, j'suis le seul que ça amuse.

Je regarde le point de repère holographique qui clignote sur ma visière en direction de l'objectif, 1,5 km.

"Pilotes, faites chauffer la post-combustion. On jette un coup d’œil, on définit les cibles et on plonge."

L'appareil vibre du fait de l'afflux de carburant propulsé dans les turbines. Mon corps se retrouve plaqué contre le dossier et mange 120 kilomètres/heures de plus. On finit par se retrouver au-dessus de cet immense cratère, et on peut voir de multiples détonations apparaître au fond.

J'effectue un demi-tonneau pour me retrouver la tête en bas. J'observe le sol.. De multiples appareils ennemis volent au-dessus du cratères, faisant pleuvoir une pluie de feu et d'acier sur nos troupes.

"Ok. Alpha 2 et 3, avec moi. Alpha 5 et 6, vous êtes avec Leader 2. On nettoie les cieux, bonne chance."

Mon appareil volant toujours sur le dos, j'effectue un demi-looping pour me retrouver à 90° par rapport au sol. Je plonge comme un météore, droit sur l'ennemi.

"Choisissez vos cibles vous-mêmes, j'suis pas votre maman."

Mes mots finissent à peine de franchir mes lèvres à destination de mes ailiers que j'envoie une rafale d'acier rageuse en direction d'un appareil ennemi. La rafale le touche en plein dans le réacteur droit. J'en rajoute une autre avant que cette enflure de mercenaire ne réagisse.. Il explose en une giclée de carburant et de morceaux d'alliages enflammés.

Je vois rapidement Alpha 2 et 3 affronter un adversaire. Il leur donne du fil à retordre... pendant quelques secondes. Alpha 2 maintient l'attention de l'ennemi et Alpha 3 se place sous le ventre de l'appareil ennemi. Je vois d'ici les tirs d'Alpha 3 transpercer l'ennemi, du ventre jusqu'au dos. Une seconde explosion retentit au-dessus du cratère.

Je descend en altitude, je me dirige vers un immense pont qui traverse le cratère d'un côté à l'autre. Je vois les reflets métalliques des divisions blindées alliées et ennemies qui s'avancent les unes vers les autres. Le concert d'explosions et de tirs à l'intérieur du pont font vibrer mon cockpit alors que je suis à une cinquantaine de mètres au-dessus d'eux.

BIP BIP BIP BIP BIP.

Enculé, missile. J'crois qu'il vient du rebord du cratère en face de moi. Le verrouillage missile se termine et je vois un éclair lumineux en face de moi. Le missile est parti et se dirige à la vitesse de la foudre pour me faire apprendre les lois de la finance capitaliste par le fondement, autrement dit, dans mon cul.

Un rictus apparaît sur mon visage. J'effectue un demi-looping, plongeant droit sur le pont. Je l'évite au dernier moment, j'effectue un virage à droite, puis à gauche, j'active les réacteurs verticaux pour me positionner sous le pont. Le missile veut me suivre, mais le pont est entre lui et moi. Une violente explosion secoue l'armature du pont, mais ce dernier n'est pas prêt de s'écrouler. D'autres détonations se font ponctuellement entendre dans le ciel.

Je soupire de soulagement, puis, quittant ma cachète, me remet à survoler le cratère. Le canal comms de l'escadrille s'ouvre :

"Leader 1, tout est nettoyé. On a fait le taff pendant que vous faisiez mumuse sous le pont."

Le ton railleur de mon second me fait sourire. Je reprends à moitié mon sérieux avant de répondre :

"Ok, beau travail. Deux salves de roquettes, choisissez vos cibles. Véhicules de déploiement en priorité."

Les 40 secondes suivantes se composent d'une averse d'acier et d'explosifs. Un concerto de détonations en RT* mineur se fait entendre. L'infanterie ennemie est écharpée au sol, certains alliés aussi.. dommages collatéraux pour le Bien de la République.

Il se sera écoulé à peine 4 minutes entre notre décollage et la fin de notre soutien aérien sur la zone.

"On bouge, on rejoint les troupes au sol. Pas envie de me faire pendre par les couilles à cause de notre retard. L'capitaine est pas d'humeur."

Le canal comms s'illuminent de réflexions moqueuses et d'hypothèses farfelues sur le fait que je n'aurai pas d'appareil génital et comme quoi je n'aurai rien à craindre. Bonjour pour la discipline militaire.. Néanmoins, je ne peux m'empêcher de sourire et d'abreuver encore un peu le canal comms de remarques stupides vis-à-vis de mes ailiers.

En direction de l'Est, les turbines crachant des flammes, l'escadrille Terrane s'en va poursuivre sa mission.

RT* République Terrane. C'est un jeu de mot à la con, cherchez pas.

  • Like 5

Share this post


Link to post
Share on other sites

"Squadron Leader, nous avons paradroppés sur un objectif mineur en vous attendant. Objectif accomplis de votre côté ?

- Oui mon Capitaine. Munitions à 50% pour bombardement, réapprovisionnement possible au Nord.

- Négatif, vous ferez avec ce que vous avez. Je fais rembarquer mes hommes dans les transports, escortez nous et soutenez notre arrivée sur zone. Plan initial.

- Compris mon Capitaine."

Je soupire. J'aimerai y aller avec mes soutes à munitions remplies à ras bord. Vous allez voir, si jamais on arrive pas à les couvrir correctement avec moitié moins de munitions, on va se faire tanner le cul. Enfin "on", surtout moi. J'ouvre le canal comms sécurisé :

"On ne s'arrête pas pour pisser les gars. On continue directement vers l'Est-Sud-Est. On frappe la forteresse d'Howling Pass. On survole, s'il y a des cibles, première salve. Les troupes au sol descendent. Seconde salve de couverture. S'il n'y a pas de cibles, passez en mode Recherche & Destruction."

Un concert de "Bien compris." plus ou moins moqueurs et plus ou moins sérieux se fait entendre. Cependant, aucune blague sur les parties génitales de qui que ce soit. Je sens la tension de mes hommes. Une forteresse dispose de défenses anti-aériennes solides, celle là a cinq emplacements fixes de canons flaks, et encore, on compte pas la garnison de soldats qui peuvent se munir d'armes anti-aériennes.

Un écho de ma formation à l'école de pilotage remonte à la surface de ma mémoire "Canon FLAK : Canon automatique à projectile à haute vélocité. Les projectiles sont semi-intelligents dans la mesure où ils sont à même d'exploser dès qu'ils sont à proximité d'un aéronef.". Je fais craquer mon cou et tente de me détendre un peu dans mon cockpit avant que le show ne commence.

En observant les alentours, je remarque une série d'explosions au Nord-Nord-Ouest de notre position. Je souris légèrement. La ligne de front est éloignée de nous, la forteresse disposera d'une garnison minimale, avec de la chance, les défenses fixes ne seront pas activés.

Le canal comm global de la Task Force s'active, les troupes dans leurs transports aériens tout comme les pilotes peuvent entendre :

"Drop imminent. Tâchez de rester concentrés. Si on prend cette forteresse, l'offensive de l'ennemi dans ce secteur sera grandement compromise. Par contre, quand ils se rendront compte de ce que nous faisons, des pelotons entiers redéploieront leurs forces sur notre position. Pas de retraite. La Loyauté jusqu'à la Mort. Bon courage."

Le discours le plus rassurant au monde. Merci Capitaine.. Trou du cul. Je lâche un grognement avant de me concentrer sur mon pilotage, la forteresse est en vue maintenant. Quelques flashs lumineux apparaissent.. suivies de lourdes détonations à proximité de mon appareil. J'ouvre rapidement le canal comms de mon escadrille :

"Canon anti-aérien activé. Un seul. Je garde son attention. Contournez le."

J'active la post-combustion tout en redressant le nez de mon appareil. Je me rapproche du canon Flak tout en exposant le ventre de mon appareil à ses tirs. Les explosions se rapprochent et mon chasseur est malmené. Des bips successifs m'indiquent une brèche dans une des turbines, j'active le système de réparation automatisé : une merveille de technologie basée sur des nanobots. Ces derniers se déversent sur la brèche et la répare en quelques secondes. Mais maintenant, je l'ai dans le cul car je n'ai plus rien pour le reste du combat.

Je continue les esquives et manœuvres : du tonneau jusqu'au looping. J'active la post-combustion, je sors tout à coup les aérofreins et diminue de moitié la puissance des turbines et accélère de nouveau. Mon corps encaisse ces mauvais traitements, ces accélérations et décélérations, il y est habitué.

J'entends enfin une myriade de détonations en dessous de moi... et quelques exclamations de victoires de mes pilotes. Le transport aérien lourd arrive quelques secondes après nous. Je suis tout proche de lui, à peine 20 mètres de ce mastodonte volant. Je place mes réacteurs en mode vertical pour effectuer un vol stationnaire. Je vois la soute du transport s'ouvrir.. Je vois le capitaine au bord du vide, il fait un geste.. En quelques battements de cœur, l'escouade entière à bord du transport se jette dans le vide. Le pilote du transport active l'inverseur gravitationnel et les troupes descendent 50 mètres en chute libre.. sans finir en morceaux en bas.

La garnison de la forteresse vient tout juste de se réveiller, et on voit une dizaine de contacts sortir de leur QG au sud Ouest du complexe. Le complexe en lui-même est une immense plateforme fixée à 30 mètres du sol. L'escouade au sol se met en position autour d'un point de contrôle informatisée. Le Capitaine ordonne à son éclaireur de le pirater. Les troupes de l'escouade commence à ouvrir le feu sur les contacts arrivant au Sud Ouest. L'ennemi se retrouve obligé de se mettre à couvert derrière des caisses.. Tanpis pour eux.

Mes réacteurs sont encore à la verticale à 50 mètres du sol, et pourtant j'active la post-combustion. Je baisse le nez de l'appareil et le penche sur le côté droit. Mon chasseur effectue une brusque accélération, presque un bond sur le côté. Je me retrouve à survoler l'ennemi, planqué derrière ses caisses. Je presse la gâchette. La mitrailleuse de nez expulse une soixantaine de projectiles en acier en une poignée de secondes, un pauvre soldat d'infanterie voit son casque pulvérisé et sa tête avec. Je rajoute une salve de roquettes et il ne reste plus grand chose sur quoi tirer.

Je vois un gars de l'escouade au sol lever son poing en l'air pour me saluer, je réponds par une vrille. Une brusque détonation secoue mon appareil, il se sépare en deux. J'ai à peine le temps de m'éjecter. Une roquette sans guidage a été envoyée du sol, j'ai pas eu de chance, j'me suis retrouvé sur sa trajectoire. J'active mon inverseur gravitationnel intégré à mon uniforme de pilote et je me réceptionne sur la plateforme du complexe. Je suis à une vingtaine de mètres de mon escouade.. Mais du mauvais côté.

"Je suis à terre. Leader 2, tu prends le relais."

Une belle journée de merde. Je me planque derrière une caisse, je suis au bord de la plateforme. J'sors mon arme de secours, une carabine automatique. J'arrache mon casque d'un geste rageur. La voix du capitaine arrive dans mon oreillette :

"Vous allez bien ? C'était une sacré chute que vous nous avez faite.

- Pas de blessures. J'suis à 20 mètres de votre position mon Capitaine, au Sud-Ouest.

- Bien joué, vous avez bien choisi votre endroit pour vous éjecter..

Une salve d'armes automatiques envahit la plateforme. Le son est insupportable.

- J'ai ordonné un tir de couverture, pilote. Ramenez vous."

20 mètres. Je m'élance hors de ma cachette. Plusieurs contacts sur ma droite apparaissent. Un cri d'alarme survient et plusieurs tirs vont dans ma direction. Oh putain, j'vais crever ici.

10 mètres. Je vois le bout des fusils de l'escouade au sol. Ils balancent des salves ininterrompues pour me couvrir.

5 mètres. Même sans avion, j'suis capable de voler.. Enfin, là, c'est parce que j'me fais tirer dessus et qu'je dois courir vite.

Je m'jette derrière une protection métallique et tente de reprendre mon souffle. Des impacts de tirs éclatent sur mon abris.

Pilote de chasse cloué au sol... en plein combat. Une p'tain de bonne journée qui s'annonce. Un soldat à proximité de moi crie :

"CONTACTS EN APPROCHE !"

Des hurlements se font entendre au Sud Ouest, l'ennemi vient de renforcer son QG et vient de lancer ses troupes. Ils chargent dans notre direction tout en tirant, impossible de relever la tête pour répondre à ce feu nourri.

L'enfer va se déchaîner sur nous.

  • Like 1

Share this post


Link to post
Share on other sites

Réflexe né de plusieurs centaines d'heures d'entrainements et de notions de combats inculquées à grands renforts de pompes et de gueulantes lancées par un sergent instructeur.. Je sors mon unique grenade de ma bandoulière à munitions à la jette au jugé en direction de l'ennemi. Les cris d'alarmes qui me parviennent m'indiquent que l'ennemi l'évitera, mais qu'au moins, il sera ralenti quelques secondes.

 

Je profite de la diversion pour me décaler, je cale ma carabine automatique contre mon épaule et presse la détente quelques instants, puis de nouveau, enchaînant rafale après rafale. Deux ennemis s'écroulent, n'ayant pas eu le temps de se mettre à couvert lors de leur progression. Leurs râles de souffrance sont couverts par le déchaînement mécanique de mon arme à feu. La fumée envahit la plateforme, les explosions continues réduisent la visibilité à une trentaine de mètres.

L'escouade se redresse et recommence à vider ses munitions, chargeurs après chargeurs. Nous saturons la zone de balles à haute vélocité ou à tête molle. Des bruits de pas lourds se font entendre. L'avancée mécanique et menaçante de trois soldats ennemis munis d'exosquelettes blindés. Le capitaine jette une grenade fumigène dans leur direction, une fumée orangée s'en dégage. Cinq secondes plus tard, mes pilotes saturent la zone de roquettes HE. Ils quittent la zone peu après, leurs soutes à munitions complètement vides. Fini le soutien aérien.. Et dire que je devrais être avec eux plutôt que dans cette merde.

Un grand silence se fait entendre sur la plateforme, l'escouade retient son souffle. La fumée se dissipe, et deux des exosquelettes sont encore debout. Les machines de mort se redressent et commencent à effectuer un tir de suppression. Munies chacune d'une série de canons dans chaque main, ces exosquelettes font au bas mot 2,40 mètres. Leurs cannons crachent de la mitraille ou de la chevrotine sur toute la longueur des abris de l'escouade.

Un soldat muni d'un jetpack, courageux ou stupide au possible, leur lance une grenade aveuglante. Puis, il s'élance et effectue un bond au dessus des ennemis. Il lâche une charge explosive au-dessus de la tête de l'un d'entre eux et la fait sauter. L'ennemi est littéralement coupé en deux par la charge creuse tombée au niveau de ses épaules.

En retombant, le soldat n'a pas le temps de se retourner. Le dernier exosquelette se saisit de lui et d'un geste rempli de haine, le déchire en deux de ses puissants bras mécanisés. Le courageux soldat n'est plus, et ses jambes sont séparées de son corps. Un vétéran de l'escouade se redresse, un lance-roquette dans les bras, et vise soigneusement l'adversaire. La roquette explose dans la tête de l'ennemi et, finalement, il bascule pour ne plus se relever.

Le Nouveau Conglomérat, l'empire défiant la suprématie de notre sainte République de Terra, se lance dans un dernier assaut. Les mercenaires ennemis savent qu'ils vont perdre la base s'ils ne reprennent pas le contrôle du point de contrôle informatisé que nous sommes en train de pirater. Les défenses de la base, les protocoles de sécurité et de logistique deviendront reliés à nos protocoles militaires.

Derrière nous, un second transport de troupes alliés vomit une flopée de soldats portant les couleurs rouges de notre puissante armée. Ces derniers nous rejoignent et commencent directement à ouvrir le feu. Mais l'ennemi est en nombre et la fusillade finit par un corps à corps sanglant où mêlées et tirs à bouts portants rythment la danse. Des borborygmes haineux laissent place à des hurlements de rage ou de souffrance. La discipline militaire est remplacée par un tourbillon de violence.

Un mercenaire se jette sur moi et plante une lame d'une trentaine de centimètres dans mon épaule gauche. Cet enculé reçoit les dernières munitions de ma carabine dans le ventre. Je lâche mon arme, ne pouvant plus la tenir, et prend mon arme de poing dans ma main droite. Un autre soldat ennemi arrive. Il porte un magnifique casque stylisé aux couleurs de son unité. Il respire la confiance et le professionnalisme. Il s'approche de moi au pas de charge, il ne doit plus avoir de munitions et préfère m'affronter au corps à corps. Avec tout le respect que je peux accorder à cet homme, je lui loge une balle dans la tête avant de vider mon chargeur sur les derniers soldats qui approchent. Je n'ai plus rien maintenant.

Mais après quelques ultimes secondes, le combat se termine. Nous sommes victorieux.

Nous achevons les blessés ennemis au fil de nos lames, inutile de gaspiller nos dernières balles pour eux. Quelques prisonniers sont faits, puis exécutés sous les vivats et les acclamations de nos troupes. Nul ne défie la République Terrane.

La moitié de l'escouade a été décimée. Le capitaine est lui-même blessé. Les derniers médecins de combat encore en vie s'efforcent de soigner des blessés graves.

Le capitaine se tourne vers moi, après avoir écouté un rapport sur nos pertes et après avoir communiqué avec l'État-Major :

"Les huiles sont impressionnées. Cette forteresse servira notre campagne de conquête contre le Nouveau Conglomérat.

- Content d'l'apprendre mon Capitaine.

- Allez voir un médecin pour votre blessure. Et prochaine fois, restez dans les airs. Non pas que vous ayez été inutile, mais j'aurai préféré un bombardement.

- Bien mon Capitaine."

Je lui lance mon sourire spécial "J'admets ironiquement que vous ayez raison" et je me met au garde à vous. D'un geste, il m'indique de disposer.

Cette guerre, c'est vraiment à chier.

  • Like 1

Share this post


Link to post
Share on other sites

3 jours plus tard

Je vérifie que le col de mon uniforme soit bien resserré pour éviter que ma chaleur corporelle ne s'échappe en me faisant un doigt d'honneur. Même dans le QG du secteur, ils sont pas foutus de faire un chauffage qui fonctionne. Et ça, sans compter que les troufions de base ne cessent d'ouvrir ces putains de portes pour aller et venir, on dirait des saloperies de chats.

J'ai les muscles encore engourdis par la téléportation sur ce continent. Technologie de merde. Quand on arrive à téléporter des hommes et du matériel d'un bout à l'autre de la planète, on peut éviter de leur foutre des fourmis dans tous les membres non ? Crânes d'oeufs.. J'suis sûr que ces gros cons se marrent bien à l'idée qu'on ait tous les jambes en coton et les mains en style Parkinson.

L'capitaine est en train de déblatérer tout un tas de conneries sur le bien-fondé de nos opérations sur le théâtre d'opérations. Moi s'qui m'intéresse, c'est de botter du cul de traître, ou du cul de fanatique. Rien de plus, rien de moins. Cette fois, on aura quelques blindés dans l'opération. J'observe du coin de l’œil le chef de la meute de Prédateurs, de gros engins armés de canons qui feraient pâlir ma canonnière. Eh ouai, cette fois, j'serai pas dans mon chasseur. On refile les chasseurs à mon second, et moi, j'dois materner des bleusailles pour qu'ils manipulent des armes et se fassent la main. De chef d'escadrille, je suis devenu baby-sitter..

Bref, le chef de la meute de blindés, c'est un vieux de la vieille. Il a les cheveux tellement grisonnants que je suis sûr qu'il combattait le Nouveau Conglomérat avant qu'on ne développe pleinement la technologie nanorobotique. Merde, il regarde dans ma direction. Euh.. vite, regarder ailleurs.

"... et c'est pour ça que je compte sur la participation active des blindés et de l'appui aérien sur cette opération. Chef d'escadrille, chef bombardier, chef blindés. Avez-vous des questions ?"

Je réponds par la négative en hochant la tête. J'ai rien écouté au briefing, mais j'ai regardé les moniteurs, j'ai vu les objectifs de frappe. Il m'en faut pas plus.

"Alors vous pouvez disposer. Vos appareils et véhicules doivent être prêts dans 300 secondes maximum. Je veux qu'à Deux-Un-Zéro-Zéro, nous lancions l'opération."

Les sous-officiers et officiers rompent les rangs et se dirigent respectivement vers leurs unités. La troupaille avec la troupaille, les pilotes avec les pilotes et les conducteurs avec les conducteurs. On mélange pas les chiffons avec les serviettes ici. L'Ordre ne peut être diffusée aux traîtres que si nous le faisons respecter en interne. Question d'principes.

Je sors du QG, un vent glacial me souhaite la bienvenue. Putain de continent. Esamir, quelle idée de l'appeler comme ça ? Les gens savent pas à quoi s'attendre. Si ça avait tenu qu'à moi, j'aurai appelé cet enfer "Bordel Glacial". Au moins, les gens s'habilleraient plus chaudement avant d'arriver ici.

Je salue de la main mon second. Il répond à mon salut et se dirige vers son chasseur. Il disposera de deux ailiers pour l'opération toute entière. Pas grand chose, quand on sait que l'ennemi peut ramener une douzaine d'appareils en une fois.

Mes canonniers m'attendent à côté de notre bombardier. Je souris à l'idée qu'ils se soient gelés les couilles en attendant la fin du briefing. Enfin, faut dire que c'est moi qui leur ait ordonné de rester à l'extérieur de l'appareil. Haha. Faut que le métier rentre dans la tête de ces bleusailles.

"Tout le monde à bord. On décolle bientôt."

Ils sont trop heureux d'acquiescer et de se précipiter à l'intérieur de l'appareil. Deux bleusailles, j'connais tout juste leurs surnoms. L'un s'appelle l'Intouchable, du fait qu'il n'ait écopé d'aucune blessure durant ses premiers combats. Enfin, faut dire qu'il était resté planqué derrière le véhicule de transport. Le second se fait appeler Suneim. On a jamais compris pourquoi il se faisait appeler comme ça, mais bon. J'ai donc deux branques dans mon bombardier. D'habitude, j'ai un équipage un minimum aguerri, mais pour cette fois, ils sont déployés sur un autre secteur.

"Turbines, OK. Poste de tir principal ?

- ...

- L'INTOUCHABLE ! Quand j'm'adresse à toi, t'es prié de répondre.

- Euh, pardon Chef. Poste de tir principal, OK."

Pas le temps de passer au poste de tir secondaire que Suneim me confirme que tout est bon de son côté. Bon, ça apprend vite.

Le vox comms global s'active, le capitaine s'adresse à tout le détachement militaire :

"Deux-Un-Zéro-Zéro. Mouvement pour tout le monde. Bougez sur vos points de passages respectifs."

Avec un sourire carnassier dissimulé par le masque respiratoire de mon casque de pilote, je fais décoller la lourde masse d'alliage, de réacteurs et de canons que forment ma canonnière Liberator. Haters gonna hate. Liberators gonna liberate. Je ris tout seul stupidement de cette trouvaille et promet de la répéter à mes homologues pilotes de canonnières à mon retour à la base.

Les turbines fonctionnent à plein régime et l'appareil s'élève lentement dans les airs. Je fais affluer un peu de carburant supplémentaire dans les turbines pour accélérer le processus. S'pas réglementaire, mais étant donné que j'suis un des meilleurs pilotes, on va pas me casser les couilles.

Mon appareil traverse le dôme énergétique anti-bombardement du QG. Le vent glacial n'arrive pas à faire face à ma dangereuse machine de destruction volante. Ce beau bébé est capable de briser un blindé lourd en une poignées de battements de cœur. Ce ne sont pas des rafales de vent à -25°C qui feront flancher le concentré de technologie militaire que je pilote.

Les chasseurs me dépassent à toute allure, profitant de leurs silhouettes plus légères et plus aérodynamiques pour aller au-devant. Ils s'assureront que je rencontre le moins d'appareils ennemis dans les airs pour que j'assure les objectifs de frappe au sol.

Mon appareil est équipé d'une gigantesque gatling avec munitions perforantes anti-véhicules, dirigé par le poste de pilotage, c'est à dire moi. Mes canonniers disposent chacun d'une arme. L'Intouchable dispose d'un obusier à cadence de tir rapide avec obus Hautement Explosifs. Suneim a quant à lui un lance-grenade lourd. Comment vous dire ça autrement.. On va botter des culs.

J'active la vision thermique sur mon casque. A plusieurs centaines de mètres de distance, au sol, légèrement sur ma droite, un véhicule de transport ennemi traverse un gigantesque fleuve gelé. Il fait tellement froid que la glace n'est pas prête de craquer.

"Cible en face. Canons à l'avant. Véhicule de transport repéré. Piqué en gatling d'abord, je relève ensuite le nez de l'appareil et vous prenez la main après. Vous chiez pas, sinon, j'vous largue par le sas comme des bombes."

Un peu de motivation, ça fait pas de mal. J'abaisse le manche de pilotage et le dirige légèrement à droite. J'active la post-combustion. L'afflux brusque de carburant dans les turbines nous plaque, moi et mon équipage, contre les dossiers de nos sièges. Je ne suis maintenant qu'à une centaine de mètres du véhicule, je ralentis très légèrement. Nous voilà à une cinquantaine de mètres, toujours en piqué vers le sol.

Je presse la gâchette. Un tourbillon de projectiles perforants se dirige vers le pauvre glandu en face de ma gatling. Chaque impact déchire une partie du blindage du pauvre transport. Certains impacts sont critiques et doivent toucher la mécanique interne du véhicule, de la fumée commence à s'échapper du bloc moteur. Le chargeur est déjà vide ? J'lance le rechargement. Je remonte le manche de pilotage pour passer au-dessus de la cible.

"Prêt ? FEU !"

Un brusque tonnerre de détonations se fait entendre en dessous de ma canonnière. Mon équipage est en train de faire pleuvoir un tir de barrage explosif lourd sur ce qui reste du transport de troupes et de ses occupants. Mes bleusailles s'en sortent bien, peut-être un peu de gaspillage de munitions, mais ça reste un bon début. Ils poussent quelques acclamations. Ce sont leurs premières cibles détruites dans un Liberator.

"Alors, ça vous plaît hein ? Dites vous que y'a d'avantage de cibles qui nous attendent."

Je me dirige vers le Nord-Est, en direction d'un gigantesque pont enjambant ce fleuve gelé. Mon checkpoint se trouve là-bas, je dois assister la progression des blindés sur zone. Ils doivent arriver dans 5 minutes. On a le temps de s'occuper d'autres cibles.

Share this post


Link to post
Share on other sites

Please sign in to comment

You will be able to leave a comment after signing in



Sign In Now