Ventias

Republique Terrane - Les chroniques d'un Commando

3 posts in this topic

Hossin, continent marécageux. L’odeur de la pourriture règne dans les bas-fonds du Nord Est. Ca me rappelle vaguement l’odeur des couches de mon fils. Je ne l’ai pas vu depuis le début de cette guerre.

 

J’observe le QG des commandos. Ces hommes ont jurés d’obéir à mes ordres. Je les observe plaisanter entre eux sur les derniers résultats des entraînements. L’un d’entre eux aurait échoué. Sûrement une erreur informatique. Autour de nous, rien d’autre que des lianes et de la boue dans laquelle est posé notre véhicule de transport. Je me prépare à retourner boire avec mes hommes après avoir écrit mon rapport journalier.

 

Les dernières informations données par le haut commandement font part d’une contre attaque. Encore ces fanatiques contrôlés par un pouvoir alien. La cible est notre usine de récupération des matériaux utiles du marécages surnommé par notre groupe “l’usine à vomi”. Je rigole encore de l’origine de ce surnom.

 

J’entends un léger bip ainsi qu’un clignotement dans mon HUD tactique indiquant une communication. C'est l’ID du Commandant général EXOD.

“Commisaire?

Ici, le Commandement.

Feu vert pour une opération de type Hôtel California sur Gourney Dam

Nos escouades régulières peinent à récupérer un accès sécurisé à l’usine”

“Ici, les Commandos,

Nous arrivons d’ici 20 minutes, tenez bon”

Une fois la communication coupée, je lâche un soupir à l’idée de l’engueulade que je prendrais de ma femme. Mais bon, c’est qu’une conversation via TerranSpeak 3. Enfin, il est temps de repartir au combat. Je m’adresse donc à mes hommes:

 

“On nous demande pour un assaut type Hôtel California sur l’usine, les gars. Tous à la Valkyrie en tenu de paradropper dans 4 minutes. Apparemment les troupes au sol sont en galère”

 

Après quelques railleries quand à mes futures problèmes de couple, notre groupe de 6 hommes part dans sa Valkyrie, direction l’usine à vomi. Tous sont parfaitement équipés et prêt pour l’action. Un Eclaireur, quatre Médecins et un Ingénieur. Un groupe en apparence bien faible. Malgré tout, je connais bien mes hommes et d’ailleurs l’ennemi nous connaît aussi. C’est loin d’être notre première confrontation.

 

Cet endroit est vraiment pourri… Des marécages à perte de vue et des arbres monstrueux entre lesquels notre pilote doit manoeuvrer. Je repense avec nostalgie à nos batailles sur Amerish, notre ancienne affectation. Les paysages y étaient agréables et les opérations plus rares. Mais bon, il est l’heure de se préparer pour le combat.

 

Je vérifie mon équipement. TORQ9 chargée et correctement équipée. TX1 repeater à la ceinture. Armure nano OK. Casque opérationnel. HUD OK. C4 à porté de main. Matériel de premier secours complet. Système de signalisation OK. Merde, j’ai oublié de recharger mes grenades de nanites vivifiantes… Bon, il en reste une à l’arrière de la Valkyrie mais il faut que j’y fasse attention.

 

Les plaisanteries fusent sur la possession de partie génitales par l’ennemi et sur leur orientation sexuelle. Chacun pari sur son nombre de tué du jour.

 

Arrivée prévue d’ici 2 minutes. Les blagues et check d’équipement se stoppent. La tension monte. Je commence à me demander ce qu’il y aura au sol. 300 m avant dropping.

 

L’opération commence.

“Allez! Drop! Drop! Drop! On sécurise la zone”

Aucun n’a échoué. Ce drop était parfait. Nous sommes désormais derrières les lignes ennemis. Je m’adresse donc à mon Infiltré.

“E6? Position approximative des ennemis?

150 m plein Est, Capitaine.

Bien. Part en éclaireur et tiens moi au courant toutes les deux minutes. M4 sera derrière toi. M2, M3, I5 avec moi. On part vers les zones de ravitaillement ennemi sur point ALPHA”

Je me sens mal d'envoyer mon infiltré, un vieil ami. Il sera seul avec une couverture légère mais bon le choix ne m’est pas donné et il est toujours revenu. Aller. le ravitaillement est à 50 mètres au nord de notre position.

 

La tension est certes palpable mais ce n’est pas la première opération de notre groupe. Hossin reste un milieu hostile et inhospitalier où les embuscades sont faciles. C’est pourtant sans encombres que nous arrivions au ravitaillement ennemi. Hum… Un simple avant poste avec deux unités de réapparitions. rien de bien dangereux.

“OK. Destruction des Points de réapparition mobile et ensuite regroupement. E6 rapport.

Environ 40 contacts adverses posté à l'Est de l’usine. Nos troupes sont progressivement repoussés.

Copy. Regroupe avec nous sur une position ouest de leur deuxième centre logistique. Occupe toi de prendre le contrôle de leurs systèmes d’apparition de véhicules au sol, on va les forcer à courir un peu.”

Il est clairement temps de soutenir l’offensive alliée en forçant un déplacement des fanatiques. Couper un point de ravitaillement secondaire est un bon début. Désormais, il faut s’attaquer au coeur du problème.

 

Une fois le groupe rassemblé, nous arrivons au bord de la base. Même pas besoin de communiquer, les gestes suffisent. Mes hommes l'ont compris. L’objectif est le point de contrôle des réapparitions pour le transférer à notre armée. Le point n’est couvert que par deux hommes. La discrétion est de mise, ils goûteront à nos lames. Parfait. Le lancement du transfert est effectué. Plus que 8 minutes et l’usine sera récupérée.

“Commandant!

Ici, le groupe commando. Le transfert est lancé. Je pense que le soutien de vos hommes sera appréciable.

Ici le Commandant,

Notre logistique est tombée. Vous êtes seuls. Nous arrivons dans 25 minutes avec de nouvelles unités de réapparitions.”

Eh merde… Comme si tenir 25 minutes était simple. Les sorties de notre bâtiment sont déjà condamnés et l’ennemi nous encercle. La salle possède 4 entrées et nous ne sommes que 6 face à une quarantaine de soldats ennemis.

 

Bon, pas le temps de niaiser. La pièce est fortifiée, nous sommes placés. La tension est à son comble car nous savons qu’un enfer va bientôt se déverser sur notre position. L’ennemi veut la récupérer quitte à y laisser tous leurs effectifs et utiliser en boucle leurs unités de réapparition.

 

L’enfer commence. 8 minutes de pure adrénaline. Les premiers ennemis apparaissent à l’entrée Est. Environ 5 contacts. Mon infiltré est prêt. 5 balles, 5 morts. Les ennemis sont prévenus. Une hésitation de quelques dizaines de secondes nous fera du bien.

 

Je n’ai plus le temps de suivre les actions de mes partenaires. Les communications fusent. Une unité XAM nord. Regroupement ennemi au Sud. Lances roquettes à l’Est. Du côté Ouest, où j’ai pris position, les vagues d’adversaires se suivent et se ressemblent mais là n’est pas l’important. Le but est de tuer. 1,2,3… j’ai perdu le compte d’ennemis qui ont tentés de passer ce couloir.

 

Une seconde de répit. Je regarde le temps passé. Seulement 3 minutes. Et moi qui avait l’impression d’y être depuis 30… Je m’égare un instant et mon fils apparaît dans mon esprit. C’est pour lui que je me bat. Pour sa survie. Je ne peux pas tomber. Pas tant que cette guerre durera.

 

C’est à cet instant que la situation dégénère.

“Brèche au Nord. M3 au sol!”

C’est le début de la fin. Notre jeune recrue vient de tomber laissant son partenaire seul. Au Sud, la gatling déployable commence à surchauffer. Il faut resserrer les positions. Lâcher les portes.

 

J’ordonne le repli dans le coin important de la salle en se couvrant grâce aux grenades. M2 a récupéré notre nouveau et le pique avec un kit de régénération. Mon ami infiltré est tombé à l’autre bout de la salle. Pas moyen de le sauver. Plus que 3 minutes.

 

La situation est désespérée. Plus de grenades explosives. Seulement deux de soins. Un C4. Deux chargeurs par personne. On entends les masses ennemies qui se regroupent à l’extérieur. Cette fois, l’assaut est organisé et viendra entièrement du Sud. Le capteur mobile voit au moins 35 signatures thermiques dont 4 unités XAM. Impossible de tenir.

 

Je me prépare à appuyer sur le message automatique prévue pour ma femme. Il était près pour le jour où je mourrais. Une communication urgente apparaît sur la gauche de mon HUD.

“Ici l’escouade de bombardement EXOD, Commando EXOD, répondez! Où faut-il que nous bombardions?

Oh putain de merde, je vous aime ! Bombardez moi le Sud et je vous offre une bière.

Copy. On ouvre le feu sur les signatures thermiques du Sud. A tout de suite au bar, Commandant”

Nous entendîmes un mélange de feu et d’acier tomber sur les fanatiques regroupés à l’extérieur. Je regardais les dégâts grâce au spotter. 3 contacts encore potentiellement en vie. 20 secondes au timer de transfert. La base est sur le point d’être à nous.

 

Je compte les secondes jusqu’à la confirmation de capture. L’aérien a terminé le nettoyage. La base est à nous. C’est alors que je vois mon compère à l’autre bout de la pièce. Je cours vers lui. Il est blessé à la poitrine et sa jambe gauche est presque arrachée.

 

Il me regarde, essaye de parler. Je fais ce que je peux, je bande sa plaie comme possible. Le matériel de secours est mort. Aucun moyen de sauver mon ami ou de récupérer son ADN à temps pour le faire revenir via une unité mobile. Je vais le perdre. Finalement, il arrive à articuler ces paroles qui resteront à jamais dans mon esprit.

“Bordel mon con, il me reste un kit de soin dans la poche, injecte le moi au lieu de me regarder comme un putain de mort. Tu verrais ta tête. J’aurais encore une poitrine en état, je rigolerais comme jamais.”

J'hésitais entre l’insulter et le serrer dans mes bras. Pourtant, c’est son kit de soin, le dernier de l’escouade que je lui injectait. Je pris le temps de voir son corps se régénérer, redevenir tel qu’il l’était une heure plus tôt à notre QG. Perdre un homme, c’est une tragédie que je ne veux pas revivre. Je me mis à pleurer à cause de la descente d’adrénaline. Enfin, cet enfer était fini. Il n’avait duré que 8 minutes mais pour nous, ces minutes étaient des heures.

 

J’entendis notre Valkyrie se poser devant le bâtiment. Il était temps pour les commandos EXOD de retourner au QG et de se détendre avec l’Escadrille. Une bonne bière bien méritée.

 

Pourtant, la partie la plus difficile de l’opération arrivait. Expliquer mon retard à ma femme.

Share this post


Link to post
Share on other sites

Mal au crâne. Mains ficelées. Jambes bloquées. Bâillonné. Aucune odeur. Pas de lumière. Pas d’équipement. Bordel, où suis je? Fait chier. Qu’est ce qu’il c’est passé pour que je finisse ici?

 

Merde, c’est vrai. La Valkyrie. Des tirs d’un canon FLAK embusqué. Le réacteur droit mort. Perte de contrôle. Crash. Mais après? Tout est flou… Où sont mes hommes? Il faut que je les appellent. Ah… Le bâillon. Qu’es qui a bien pu se passer après le crash? Comment ce canon FLAK a fini là? Les réguliers avaient pourtant sécurisé la zone.

 

Bref.. Mes yeux s’habituent.

 

Je vois les contours de la pièce. Une table. Des murs. La salle est vide. Je suis seul. Ma chaise touche le mur dans mon dos. La porte n’a aucune fenêtre d’où l’absence de lumière. Aucune représentation de Vanu. Pourtant, ils aiment en mettre des fluorescentes partout.

 

Un bruit se fait entendre. Un grincement. Clairement une porte. Des bruits de pas. quatres hommes. Un pas militaire. Trop professionnel pour des fanatiques. La République m’aurait pris pour un traître? La lumière m'éblouit.

 

Je suis face à deux hommes. L’un est en arme et abhorre l'emblème du Nouveau Conglomérat. Merde, un capitaliste. Son arme sort des ateliers Nanites Systems. Putain, cette fabrique aussi aurait tourné en leur faveur? Le second est en uniforme mais n’est pas armé. C’est clairement le supérieur du premier. Il en manque deux.

 

Le premier se met dans le fond. Il est équipé d’une NS11-A. Cool, je l’ai déjà utilisée. Si je la récupère, je peux m’en sortir. Le second approche la table et s’assoit dessus. Il me regarde pendant quelques secondes puis s'adresse à moi.

“Alors, bien dormi?

...

Ah oui, j’oubliais le bâillon”

Il me le retire.

“Bon avant que tu abois, voilà comment ça va se passer.

Je vais poser les questions. Tu vas répondre. Si tu réponds pas, bah, mon pote au fond se fera une joie de te refaire le visage à grand coup de poing.”

Ca s’annonce bien dit donc....

“Bon déjà, explique nous ce qu’il s’est passé à Gourney Dam?

J’ai soulevé ta mère.”

Premier coup de gant. Putain, ce con tape fort.

“Reprenons. Que c’est il passé à Gourney Dam?

Une bataille.

On le savait déjà ça. Sinon?

Bah, …

Oui?

On … “

Putain. C’était quoi ce son en arrière plan? J’ai cru entendre un bruit sourd. D’ailleurs, mes deux nouveaux potes aussi. De dos, je peux observer le grade de mon cher interrogateur. Sous Lieutenant. 7ème régiment des Main Bataillons. De mémoire, c’est pas des lumières. Bon. L’espoir existe encore.

 

D’autres sons se font entendre. Des bruits sourds. Bordel, mais qu'est ce qu’il se passe? Si c’est les fanatiques, je suis parti pour un deuxième interrogatoire. Mais qu’est ce que j'ai fait pour mériter ça?

 

Des bruits de pas. Calmes, précis. J’entends des tirs. Des cris. L’ennemi appelle au secours. J’entends les deux hommes dehors tomber. L’un d’eux chute à travers la porte, avec deux énormes taches de sang sur le torse. Mes geôliers sont paniqués. L'interrogateur s’est caché sous la table et le second pointe la porte avec son arme. Il n’arrive même pas à retirer correctement le cran de sécurité. Et ça se la joue soldat d’élite. Je vois passer une grenade. D’un coup, la salle est enfumée. Deux tirs rapides et silencieux. J’entends mes geôliers tomber. Des mains m’attrapent et me détachent.

“Commissaire! Putain, c’est bien vous! Prenez cet équipement, on vous ramène à la maison.”

Attends, c’est vraiment mon groupe d’abruti là? A cinq, ils ont foutu un bordel pareil pour me retrouver? Comment savaient ils que j’étais là? Qui a pu leur donner cet ordre? Me dit pas qu’ils l’ont fait de leur propre chef...

 

Ils me donnent un sac. Dedans, armure et casque. Deux fumigènes. Deux kits de soin. Un viseur thermique adaptable. Le matériel de survie de base. Une arme de poing. Je m’habille à la hâte.

 

Par contre, pas de fusil. Je savais que la NS11-A de l’autre me servirai. Après avoir lâché un merci sarcastique, je prends l’arme et fait sauter la sécurité. Il n’y était pas arrivé. Vraiment un bleu. Deux chargeurs plus celui dans le canon. Pas trop mal. C’est parti, je sors de ce deuxième enfer.

“E6, Situation?

Vous êtes actuellement dans une base du Nouveau Conglomérat, au centre des lignes ennemies. Environ 250 hommes dans la base dont une partie civile. 43 abattus.

Prends le commandement, je peux difficilement diriger.

Copy that. Direction le point d’extraction.”

On passe de couloir en couloir. Je suis à la fois fier et mécontent de mes gars. Bordel, je suis sûr que le haut commandement vas me demander de les engueuler alors que ces cons ont déjà risqué leur vie... Au loin, j’entends une alarme. Gauche. Droite. Trois contacts. Si ils sont aussi mauvais, on va rire. Même pas le temps d'épauler qu’ils sont morts. Et moi, je me venge quand? Droite. Gauche. C’est pas une base, c’est un putain de labyrinthe.

 

On passe à travers un laboratoire. Je jette un oeil vite fait. Tiens, une grenade. J’arrive pas à voir de quoi il s’agit exactement. Bon, ça peut servir. On continu d’avancer.

 

Enfin, la lumière du jour apparaît.

 

Un bruit. Instinctivement, j’esquive. Un tir de sniper. Putain, un truc de cette taille, on appelle ça un obus.

“Sniper dans la tour. Extraction à 120 m Est-Nord-Est.”

Youhou! 120 m plus ou moins à découvert sous le feu d’un révolutionnaire avec un fusil de précision chargé avec des mini obus. On va prendre notre pied, c’est clair. Bon, quand il faut y aller… Je reste derrière mes partenaires. On passe de couverture en couverture. Heureusement, on est face à un bleu*. Le type tire vraiment mal. La seule balle qui a touché était dans ma jambe et le bouclier intégré à ma tenue de combat en a compensé la majeure partie.

*Tu le sens l’humour de merde ou bien?*

Je lui jette la grenade que j'ai récupéré plus tôt. Elle atterrit à côté de lui. Le gars la regarde et essaye de sauter de côté. La grenade se met à reproduire le son des tirs. Une leurre. Super. En plus d'être inutile, ça va rameuter nos poursuivants. Seul bon côté, E6 l'a eu après son saut en longueur.

 

60 m et c’est bon. Au loin, les ennemis ont fini par comprendre qu’on était par ici. Je vois la Valkyrie. Elle allume ses moteurs. Bordel, c’est enfin terminé. Je vais pouvoir dormir un coup.

 

Un grondement. Un sifflement. Je vois un obus. La Valkyrie explose. À cet instant, je vois le repos tant attendu s'éloigner.

 

Un canon Titan? Putain, comment on a pu raté le char lourd à 40 m? Celui-ci finit de se placer face à nous. On est cloué au sol. En plein territoire ennemi. face à un tank et une bande de NC énervés.

Franchement, cette putain de guerre…

Episode 2 de la Chronique! A dans une petite semaine les poulets

Share this post


Link to post
Share on other sites

Please sign in to comment

You will be able to leave a comment after signing in



Sign In Now